Projet PiroM2F

Projet PiroM2F : pour une meilleure compréhension de la transmission de la piroplasmose de la jument au poulain

La piroplasmose peut se transmettre de la jument à son poulain et engendrer avortements, piroplasmoses néonatales ou naissances de poulains porteurs asymptomatiques. Une étude précédente, TRANSPIRO, a montré qu’en France 7,4 % des poulains nés de juments porteuses présentent déjà des traces du parasite Theileria equi dans les premiers jours après leur naissance, sans transmission possible par les tiques. En revanche, la manière dont cette transmission se produit — avant la naissance, via le placenta, ou après, via le colostrum — reste inconnue. Un nouveau projet de recherche participative est aujourd’hui lancé pour déterminer si le colostrum peut jouer un rôle dans la transmission de la piroplasmose de la jument au poulain.

Le projet PiroM2F (pour Piroplasmose Mare to Foal, « de la jument au poulain ») s’appuie sur des résultats récents obtenus en France grâce aux projets PiroGoTick et TRANSPIRO et bénéficie du soutien financier de l’Institut français du cheval et de l’équitation (Ifce)

Ces études ont montré plusieurs points importants :

  • Une grande partie des chevaux sont porteurs de Theileria equi sans présenter de signes de maladie : 38 % au niveau national, et jusqu’à 54 % dans le sud de la France.
  • Dans le sud, près de 4 chevaux sur 10 âgés de moins de 3 ans sont déjà porteurs du parasite, et cette proportion n’augmente ensuite presque plus avec l’âge.
  • Environ 7 % des poulains nés de juments porteuses sont déjà infectés dans les 72h après poulinage.
  • Des traces du parasite (son ADN) ont également été détectées dans le colostrum, le premier lait produit par la jument après la naissance.
Projet_PiroM2F

La transmission du parasite à travers le placenta a déjà été bien démontrée par plusieurs équipes de recherche. En revanche, la transmission par le colostrum reste une hypothèse qui doit encore être confirmée. À ce stade, nous savons seulement que l’ADN du parasite T. equi peut être présent dans le colostrum de juments apparemment en bonne santé.

L’objectif principal du projet PiroM2F est donc de mieux comprendre comment le parasite est transmis de la jument au poulain, en distinguant ce qui relève de la transmission avant la naissance (par le placenta) et après la naissance (par le colostrum), et d’évaluer l’importance de chacune de ces voies.

Ce projet est découpé en 3 objectifs :

Objectif 1 : mesurer la prévalence des colostrums contaminés par les parasites de la piroplasmose et le taux de transmission

Nous avons déjà observé la présence d’ADN de T. equi dans le colostrum, mais sur un nombre très limité d’échantillons. Le but est maintenant de confirmer ces résultats à plus grande échelle, et de déterminer le taux de colostrums positifs et si le parasite (vivant ou non) peut être transmis au poulain.

Pour cela, le projet s’appuiera sur une démarche de recherche participative, avec une collecte de colostrum à l’échelle nationale. L’objectif est de recueillir environ 600 échantillons, principalement dans les régions du sud où la piroplasmose est la plus répandue. Les éleveurs seront informés et mobilisés via la page Facebook de PiroGoTick, le réseau RESPE et les déléguées territoriales de l’Ifce des régions du sud. Une webconférence de Laurence Malandrin, responsable scientifique du projet est également programmée le 10 février prochain (pour vous inscrire cliquez ici >>>).

Objectif 2 : vérifier si les parasites présents dans le colostrum sont vivants

Lorsque de l’ADN du parasite sera détecté dans un colostrum, nous rechercherons également son ARN, un marqueur qui indique que le parasite est vivant et actif. Des techniques de marquage spécifique des cellules du colostrum seront aussi mises au point pour tenter d’observer directement les parasites.

Objectif 3 : comparer les deux voies de transmission et leur impact sur l’infection du poulain

Un suivi détaillé de juments et de leurs poulains sera mené sur deux sites de l’Ifce situés dans le sud de la France (plateau technique de Chamberet et Jumenterie de Chignac), où la piroplasmose et les tiques vectrices sont bien présentes. Les juments porteuses du parasite seront identifiées, puis leur poulinage sera suivi de près.

Des analyses seront réalisées sur le placenta, le cordon ombilical et le colostrum, et l’état d’infection des poulains sera évalué :

  • à la naissance, avant toute prise de colostrum,
  • puis 5 et 10 jours après la naissance.

Si le colostrum apparaît comme une voie importante de transmission, des études complémentaires pourront être envisagées. Elles viseraient à tester des traitements simples du colostrum, applicables directement sur le terrain, capables d’éliminer le parasite sans altérer les qualités essentielles du colostrum ni nuire à la santé du poulain.

Appel aux propriétaires de poulinières : participation à la collecte de colostrums

Dans le cadre de ce nouveau projet de sciences participatives, l’équipe de recherche fera appel aux éleveurs et propriétaires de poulinières pour la collecte d’échantillons de colostrum. Le protocole, conçu pour être simple et compatible avec les contraintes de l’élevage, est actuellement en cours de finalisation.

Un tutoriel détaillé sera diffusé afin d’expliquer pas à pas les modalités de collecte, de préparation et d’envoi des échantillons.

Les données transmises resteront strictement confidentielles. Chaque participant aura accès à ses résultats de manière anonymisée via le site internet PiroGoTick. Une fois l’étude terminée, un webinaire de restitution sera organisé avec les participants afin de présenter l’ensemble des résultats et d’échanger autour des questions soulevées par l’étude.